J'aurais adoré être ethnologue… de Margaux Motin

Résumé : J'aurais adoré être ethnologue… j'aurais étudié la symbolique de la chaussure à talon chez les pygmées, observé la fréquence d'épilation des femmes en Amazonie, établi une typologie du bébé morue dans les sociétés inuit, j'aurais même probablement appris à construire une pirogue avec une bretelle de soutif et une tong, et pris des cuites à l'alcool de manioc. La vie aurait été une course folle, une nuit d'ivresse interminable, un vaste champ de possibles ! Mais je suis une grosse feignasse, je vomis quand je suis soûle et j'ai peur des guêpes. Et puis, de toute façon, tout ce que je sais faire, c'est dessiner…

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Mon avis : C’est par hasard, il y a quelques années, en flânant dans les rayons de ma librairie, que je suis tombée sur les albums de Margaux Motin. Après en avoir feuilleté quelques planches, je décide d’offrir le premier tome à une amie. Elle a adoré et m’a poussée à découvrir un peu plus son travail. J’aime son franc-parler et oui il faut le dire, ses répliques quelque peu vulgaires. Elle ne mâche pas ses mots, c’est le moins qu’on puisse dire ! J’adore.

La couverture est assez sobre, quoique révélant le côté très girly de l’illustratrice. Les planches sont très colorées, flashy et drôles. Elle nous raconte avec beaucoup d’autodérision et d’humour son quotidien d’épouse, de mère, de travailleuse free-lance, de teuffeuse etc. Nous faisons la connaissance de « Poupette » et de « Chou », sa fille et son compagnon dans des situations hilarantes. Des moments de complicité avec sa fille, de folie avec ses meilleures amies, de tendresse avec son homme, de déni avec sa banquière… Même si je ne me suis pas retrouvée complètement dans ses dessins ni dans les situations qu’elle a choisi d’illustrer, cela m’importe peu, j’ai dévoré son album avec beaucoup de plaisir. Je recommande cet album à 100%, je le relis très régulièrement et en particulier quand j’ai un petit coup de cafard, il me redonne toujours le sourire !

Lecture commune : Carnaval de Ray Celestin

Résumé : Lorsqu'en 1919 un tueur en série s'attaque aux habitants de La Nouvelle-Orléans en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l'agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D'Andrea, vont tenter de résoudre l'affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu'un ouragan s'approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

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J'ai lu ce roman en lecture commune avec Laurie du blog Labibliothequedelaurie et Stelphique du blog Fairystelphique . J'ai hâte de lire vos chroniques et de savoir ce que vous en avez pensé !

Mon avis : Ha comme il me tardait de lire ce roman ! Je ne sais pas encore ce que vous en avez pensé les filles mais pour moi ça n’a pas été le coup de cœur attendu. J’ai apprécié ma lecture mais j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire. Le récit est assez lent, ce qui en général ne me pose aucun problème, mais la complexité de l’enquête et les changements récurrents de points de vu sont un peu déroutants. J’aurais aimé plus de descriptions de la ville et connaitre davantage certain personnages pour me permettre de ne pas perdre le fils et m’immerger complétement dans la Nouvelle Orléans, une ville que je trouve fascinante. Peut-être parce que Benjamin Button y est né et que je ne me lasse jamais de ce film. Mais je m’égare…

La narration passe d’un personnage à l’autre et donc d’une enquête à l’autre sans trop de logique, j’ai eu tendance à perdre un peu le fils. Et pourtant l’intrigue est intéressante. Non seulement le roman est inspiré d’une histoire vraie ( ça j’adore ) mais le contexte historique est très bien choisi, il me tardait de le découvrir. La prohibition ou pré-prohibition est une période de l’histoire américaine qui me plait beaucoup : les fêtes, la musique jazz, les bars clandestins, la désobéissance civile, bref la liberté à tout prix ! J’ai apprécié la présence du personnage de Lewis Armstrong, il colle parfaitement au récit et rappelle son côté très authentique.

Le dernier tiers du livre est captivant mais toutefois un peu brouillon. Le voile se lève peu à peu et les réponses surgissent enfin et pour être honnête ce n’est pas très clair pour moi. Trop de noms, de clans, de mafieux, de personnes impliquées qui parfois ne font l’objet que de quelques lignes. Je pense relire cette dernière partie afin de tirer les choses au clair, quitte à faire un schéma et démêler cette intrigue bien menée quoique tortueuse.

Je me laisserais volontiers tentée par sa suite, Mascarade. J’ai cru comprendre qu’on y suivrait Lewis Armstrong et Al Capone en pleine époque de contrebande. Ça promet !

L'épouvantail qui voulait voyager de Hubert Ben Kemoun et Hervé Le Goff

Résumé : Le vieil épouvantail se sent si seul, qu’il pleure. Le vieil épouvantail se sent si inutile, qu’il pense ne plus avoir d’amis. Personne qui pourrait l’aider à se promener, juste de l’autre côté de la colline, lui qui n’a jamais bougé de son champ. Mais au matin d’un jour de printemps, deux cent mille oiseaux l’emmènent pour un voyage extraordinaire…

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Mon avis : Avec l’arrivée du printemps, j’aime découvrir de nouveaux contes et albums illustrés. Cette année j’ai craqué pour L’épouvantail qui voulait voyager. D’abord pour son titre, une invitation au voyage ?! Il ne m’en fallait pas plus. Ensuite pour sa couverture aux couleurs pastel, mélange de tonalités douces et froides.

C'est un livre qui se lit comme une poésie, les vers et les rimes chantent tout le long du voyage de l’épouvantail. Bien que la mélancolie soit présente au début du récit, ne vous en faites pas, il retrouvera très vite le sourire et la joie de vivre !​ Il peut aussi bien plaire aux enfants qu'aux adultes !

Brooklyn de Colm Tóibín

Résumé : Dans les années 1950, New York, terre d'exil et terre promise, s'étend à l'horizon. Alors qu'elle quitte l'Irlande pour travailler à Brooklyn, la jeune Eilis se perd dans cette ville. Mais bientôt, un drame la rappelle à son pays natal. Déchirée entre deux mondes, entre l'enfance et l'avenir, quels choix fera-t-elle pour imposer sa voie ?

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Mon avis : Il y a quelque temps maintenant que j’ai acheté ce roman sans avoir un moment de libre pour le lire. Il faut dire que j’ai une pile à lire longue comme le bras et avec les nouveaux venus de Noël et de mon anniversaire, j’ai encore pris du retard dans mes lectures. Bref, Brooklyn est presque un coup de cœur. Je dis bien presque parce qu’il me manque un je-ne-sais-quoi pour le qualifier ainsi. Comme Charles Baudelaire l’aurait affirmé, « les émotions les plus belles sont celles que tu ne sais pas expliquer » et je pense que l’inverse est juste aussi. Cette histoire me hante encore, je pense à Eilis souvent parce que j’ai ressenti la même chose pendant quelques temps quand j’étais en Angleterre. La différence étant que je n’étais que de l’autre côté de la manche alors qu’Eilis a dû s’expatrier à des milliers de kilomètres de l’autre côté de l’atlantique. C’est un poil plus loin tout de même. C’est une femme courageuse et ambitieuse, elle aimerait de tout son cœur rester auprès de sa famille mais elle n’a pas d’autre choix que de partir pour la grosse pomme. Une ville où tout est possible.

Les premiers mois sont très difficiles, elle souffre du mal du pays et parvient difficilement à trouver sa place dans cette nouvelle vie. A la fois délicate et forte elle pourrait être considérée comme une héroïne des temps modernes. Elle surmonte ses peurs et sa solitude avec beaucoup de courage, ambitieuse, elle reprend des études et fait de nouveaux projets pour l’avenir. Peu à peu elle réalise que c’est à elle de tracer sa propre voie même si ce n’est pas celle à laquelle elle s’attendait.

J’ai perdu la notion du temps, l’écriture est fluide et les pages défilent à toute allure. Le seul bémol, aussi bien dans le roman que dans le film d’ailleurs, est sa fin trop rapide. Un bémol qui, je pense, lui coûte le coup de cœur. J’ai adoré ma lecture mais le final aurait mérité d’être plus développé. Eilis me manque et j’aurais bien lu encore 500 pages de son histoire.

Eilis est interprétée à merveille pas Saoirse Ronan qui est éblouissante dans tous les rôles dans lesquels je l’ai vue mais dans celui-ci elle est parfaite.

Vous trouverez la bande annonce juste ici ( attention spoiler ! )